Le cocotier c'est une essence de bois?
Non c'est une herbe géante !
En effet, le cocotier (Cocos nucifera) appartient à la famille des palmacées, c’est un palmier. Botaniquement parlant, les cocotiers ne sont pas des arbres, mais des «herbes géantes» (ils ne possèdent pas de vrai bois au sens botanique). Son tronc est une tige ligneuse non ramifiée: un stipe. Il n’y a jamais de branches, ni de nœuds.
L’ensemble du stipe est parcouru de faisceaux fibreux qui ont pour vocation de transporter les sels minéraux et l’eau à partir des racines jusqu’aux régimes de noix de coco et aux palmes. Son bois constitue aujourd’hui une alternative durable aux bois exotiques surexploités et à la traçabilité complexe.
Quelle partie du cocotier va être utilisée pour le plancher?
Dès lors, le bois de cocotier intéressant pour la filière bois est constitué de la ceinture de bois très dense située entre le sol et 15 mètres de haut. Cette couronne de bois offre des caractéristiques techniques incroyables. Sa densité avoisine les 800 à 1.160 kg/m³. Sa résistance au poinçonnement est parmi les plus élevées. Sa dureté Brinell (1) est très élevée. Tandis qu’elle est de 3.2 pour le teck, de 3.4 pour le chêne, de 4.3 pour le wengé, de 4.1 pour le merbau, de 5.3 pour l’ipé, elle est de 5.9 pour le bois de cocotier.
Une telle structure botanique requiert un séchage particulier. En effet, le cœur du tronc étant davantage constitué d’eau que la couronne extérieure, le cœur se rétractera au moment du séchage plus vite que le bois extérieur : le bois risquera de se fendre en long. De plus, les canaux situés au cœur du stipe étant disposés en torsade, un séchage trop rapide risquera de gauchir les futures lames de parquet. Lorsqu’il suffit de mettre 18 à 25 jours en séchoir une planche en chêne fraîchement sciée pour atteindre une humidité résiduelle de 8 à 10 % avant de l’usiner en lames de parquet , il faut compter 2 à 2,5 mois de séchage à l’air (un endroit ventilé mais protégé du soleil) puis 3 semaines en séchoir avant de mettre en œuvre du cocotier. Il a alors une hygrométrie de +/- 18%.
L’usinage du bois de cocotier donne des lames aux dimensions variées. Selon la manière dont sont récoltées les noix de coco sur l’arbre, on usinera des lames plus ou moins longues. En effet, pour la récolte des noix de coco, le planteur va tailler des marches tous les 50 cm de part et d’autre dans l’écorce du tronc. Cette altération de l’écorce va entraîner une déviance de la fibre et une impossibilité d’usiner des lames trop longues. Si la récolte des noix de coco est faite par des singes dressés à cet effet, on pourra usiner par la suite des lames allant jusqu’à 2 mètres de long. Pour des questions de qualité et de stabilité dimensionnelle du bois, on ne produit pas de lames plus longues.
Après ces explications, il est donc évident que si le cocotier présente une magnifique alternative aux bois tropicaux, il ne peut être considéré comme tel.
Son stockage et sa pose demandent également une attention particulière. Après chaque prélèvement dans un paquet de cocotier, il faudra recercler le plus rapidement possible les lames restantes. Ceci afin d’éviter qu’en absorbant de l’humidité ambiante, elles se déforment. Il est également conseillé de stocker les paquets de cocotier en hall intérieur.
Conseil de pose et de travail du plancher de cocotier.
Au niveau de sa pose, de par sa densité et la difficulté de visser au travers du cocotier, il est préconisé de placer la lame de terrasse au moyen du système de fixation B-Fix. L’entraxe entre lambourdes peut-être identique à celui préconisé pour des lames de bois tropicaux de 20 à 21 mm d’épaisseur. En cas de ré-usinage du cocotier, il est conseillé de passer les lames en machine à des vitesses relativement lentes. Ceci afin d’éviter une fissuration longitudinale ainsi que de l’arrachage.
Pour ce qui est de la coupe, les outils traditionnels peuvent être utilisés. Là aussi, travailler à une vitesse plus lente est conseillé. Dans le cas d’utilisation de lames circulaires, il est indispensable que cette dernière ait une denture fine et un maximum de dents. Les lames de scies sauteuses doivent également être adaptées et être équipées d’une denture fine voire d’une denture fine inversée. Afin d’obtenir une coupe propre, appliquer un premier trait de lame sur la belle face évite un arrachage de la fibre. Ensuite couper l’ensemble de la lame de bout en bout.
Dans le cas où une lame devrait être refendue dans le sens de la longueur, il est préconisé de la profiler pour le système de fixation B-Fix au moyen de la fraise adaptable sur matériel électroportatif. Ceci afin d’éviter d’utiliser des vis en bord de lame.








